lundi 23 juillet 2018

La mort (d')Agrippine

L'histoire :
Au théâtre, nous savons que ce que nous regardons n'est pas "vrai" ; que c'est "du théâtre". Mais, à peine le savons-nous que nous décidons, n'est ce pas, de le tenir -momentanément- pour vrai.
Dans La mort (d') Agrippine, d'un auteur dont tout le monde connaît le nom, et l'oeuvre presque personne (il s'agit de Cyrano de Bergerac : le véritable !), nous ne cessons d'apprendre que ce qui vient de se dire n'était pas "vrai". Que les "personnages"... mentaient. Tous. Tout le temps. Même, peut être, quand ils avouent qu'ils mentent ! Tout se passe ici comme s'ils étaient, en même temps qu'"eux-mêmes", les acteurs de leurs personnages...

Mise en scène : Daniel Mesguich
Avec : Sarah Mesguich, Sterenn Guirriec, Rebecca Stella, Joëlle Lüthi, Jordane Hess et Yan Richard.

Ce que j'en pense :
La claque. Il n'a fallut à Sarah Mesguich que deux minutes pour me faire pleurer. Agrippine entre sur scène, magistrale et magnifique, déclame son amour à un Germanicus fraîchement tué. Elle le vengera.
S'ensuit 1h40 de déclamation en alexandrins magnifiques, puissants, criés, crachés, totalement habités par les comédiennes.
La mise en scène est rythmée, ça s'agite dans tous les sens, il n'y a pas de temps morts. Les costumes (et le maquillage) sont la plus belle chose que j'ai vu de toute ma vie.
Il faut peut être un temps d'adaptation pour comprendre un peu tout. Qui est qui, le nom des personnages, qui fait quoi, ce qui se passe vraiment, ce qui vient d'arriver et ce qui arrivera.
Mais tout est dans la beauté. On savoure Agrippine et on regrette que tout ça ne dure pas plus longtemps finalement.
Sincèrement je n'ai absolument aucune idée de comment expliquer  ce que j'ai ressenti. Agrippine restera l'un de mes grands coups de cœur de ce OFF, c'est l'évidence même. Je ne sais pas combien de temps il me faudra pour m'en remettre, mais je pense que dans ma vie, il y aura un avant et un après Agrippine.
Sarah Mesguich est tellement fabuleuse.
J'en ai pris plein le bide, plein les yeux et surtout, plein le coeur.

Pour une critique bien mieux écrite mais qui dit tout comme moi, lisez l'article du Bruit du OFF (et oubliez la critique de l'Express qui a à peu près 0 construction et 0 argument.)

Au Chêne noir à 12h05 jusqu'à dimanche

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